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SEPTEMBRE 2026

Charif majdalani
sur les grands chemins
DE
paul celan et mahmoud darwich

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Charif Majdalani@Isabelle Delatouche

Paul Celan - photo de son passeport 1938 - auteue inconnu

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Mahmoud Darwich DR

À peine l’Italie, la France et le reste du monde ont-ils célébré, il y a trois ans, le centenaire de sa naissance, que nous voici, à Chaminadour, prêts à rendre hommage à Pier Paolo Pasolini (1922-1975) pour rappeler qu’il est mort il y a 50 ans, dans la nuit du 1er au 2 novembre 1975 et que les circonstances exactes de son assassinat n’ont toujours pas été éclairées par la Justice. 

Quelques intellectuels, écrivains, avocats, journalistes émettent cependant des hypothèses de plus en plus précises. Mais nous ne parlerons pas seulement de sa mort si emblématique ait-elle été.

Nous tenterons de retracer, avec nos sensibilités diverses, nos générations diverses, nos langages divers, le parcours de ce Prométhée du XXe siècle qui, né poète sous le fascisme, d’un père militaire et d’une mère institutrice catholique, est mort sous les coups de délinquants probablement achetés par des fascistes, terroristes ou au pouvoir. 

Il lui aura suffi de moins de trente années pour imposer sa voix de romancier-poète-cinéaste-agitateur des consciences au-delà des frontières d’un pays auquel il vouait amour et haine, et qui le lui rendait bien. Il devenait iconique et indésirable. Sa vocation pédagogique (qui le destinait à être un historien de l’art) a été vite contrariée par un besoin impérieux d’expression artistique et politique, et par des pulsions qui le projetaient hors de tout cadre conventionnel de vie, de création et de réflexion. 

Du Frioul de sa jeunesse qui l’a rejeté à la Rome bouillonnante de sa maturité et aux pays du Tiers-Monde, il a été l’un des principaux acteurs de la culture italienne de l’après-guerre, tant dans les librairies, que dans les rédactions de journaux et que sur les écrans. Inclassable catholique non croyant et communiste exclu du Parti, il transfigure le néo-réalisme par ses aspirations mystiques et par un langage que ne connaissaient avant lui ni le roman, ni la poésie, ni le cinéma, ni le journalisme politique ou littéraire. 

Une vie violente, Les Cendres de Gramsci, Mamma Roma, Théorème, Les Écrits corsaires, Salò, Pétrole : autant de titres qui firent scandale et révolutionnèrent l’usage de l’art pour changer la société. On se demande souvent : quel est l’héritage de Pasolini ? Nous nous réunissons pour jeter nos lumières et exposer aussi nos doutes sur ce poète du roman, du cinéma, de la politique.
Philosophes, romanciers, acteurs, poètes, chercheurs, traducteurs, cinéphiles, peintres, metteurs en scène, chacun de nous (dont certains l’ont connu de son vivant et ont collaboré avec lui, et d’autres sont nés plusieurs décennies après sa mort) a trouvé, à un moment de sa vie et de sa formation, en lui, un guide, un miroir, un modèle, un contradicteur, un provocateur, un ami-ennemi, un ange-démon, comme il aimait à les représenter dans son
Décaméron et dans ses Contes de Canterbury

Source d’inspiration ou de réflexion, que les cinquante années qui nous séparent de sa mort n’ont jamais tarie.
« Je suis une force du passé », « pauvre comme un chat du Colisée », « la disparition des lucioles », « Adulte ? Jamais… » Tant de formules et de fragments de poèmes sont devenus des slogans dans le cœur de ses lecteurs. Tant d’images de ses films, tant de pages de ses livres ont bouleversé notre connaissance de l’Antiquité, de la sexualité, de la spiritualité, de l’amour filial, du cinéma, de la criminalité, de la perception esthétique, de l’action politique… et même de la chanson. 

Ce sont ces bouleversements et ces vibrations dont nous allons tenter d’être les témoins vivants et que chacun de nous espère relayer. Débats, projections, expositions, lectures, spectacles animeront ce dialogue avec une voix qui ne s’est pas éteinte le jour de son assassinat.
 

Charif Majdanali

Ancre 1

Programme 2026

JEUDI 17 SEPTEMBRE

THÉÂTRE LA GUÉRÉTOISE DE SPECTACLE |

conférence inaugurale

14 h 30 · Charif Majdalani : Dans quelle langue parlent les poètes ?

conférences
15 h 15 · Martin Rueff : Orphisme et mémoire.

16 h · Karim Kattan : Écouter Mahmoud Darwich avec ma grand-mère.

table ronde

16 h 45 · Elias Sanbar, Bertrand Badiou, Martin Rueff, Ève de Dampierre-Noiray : traduire la poésie.

Modération : René Ceccatty.

​​​

projection

21 h · Mahmoud Darwich, et la terre comme la langue, de Simone Bitton​ (1997, 59 minutes).

Présentation : Simone Bitton et Elias Sanbar.

VENDREDI 18 SEPTEMBRE

THÉÂTRE LA GUÉRÉTOISE DE SPECTACLE |

conférences

9 h · Ève de Dampierre Noiray : Écrire la Palestine avec et après Mahmoud Darwich.

9 h 45 · Bertrand Badiou : « Avec » et « non sans ». Paul Celan et la politique de la litote et de la nuance.

10 h 30 · Yasmine Khlat : La vie rêvée de Rosa Stein.

table ronde

11 h 15 · Stéphanie Hage, Emmanuel Moses, Martin Rueff : la langue poétique de Paul Celan et Mahmoud Darwich.

Modération : Francesca Isidori.

 

conférences

14 h 30 · Elias Sanbar  : « ça chante, ça chante, je n’y peux rien ! ».

15 h 15 · Emmanuel Moses : Le déracinement dans l’œuvre de Paul Celan.

16 h  · Annamaria Bianco : Écrire après l’arrachement : Paul Celan, Mahmoud Darwich et les demeures de la poésie.

table ronde

16 h 45 ·  Houria Abdelouahed, Charif Majdalani, Sylvie Germain : les poètes et la responsabilité du monde.
Modération : Francesca Isidori.

BIBLIOTHÈQUE DU GRAND GUÉRET |

inauguration, présentation des expositions

18 h 30 

· « J’avais treize ans à Auschwitz », photographies de Karine Bouvatier-Sicard.

· « Landing », photographies de Maen Hammad.

· « Darwich, parcours d’images », photographies de Ernest Pignon-Ernest.

SAMEDI 19 SEPTEMBRE

THÉÂTRE LA GUÉRÉTOISE DE SPECTACLE |

conférences

9 h · Houria Abdelouahed : Je suis encore vivant.

9 h 45 · Stéphanie Hage : Violence et célébration poétique.

10 h 30 · René de Ceccatty : Paul Celan, Edith Bruck et Hélène Cixous.

table ronde

11 h 15 · Albert Dichy, Annamaria Bianco, Charif Majdalani: territoires de Celan et Darwich.

Modération : René Ceccatty.

conférences

14 h 30 ·  Albert Dichy : De quelle nationalité étaient Paul Celan et Mahmoud Darwich ?

15 h 15 · Adonis : lecture d’un texte par le poète suivi d’une lecture de sa traduction par Houria Abdelouahed.

16 h · Sylvie Germain : « Le monde n’est plus, il faut que je te porte ».

table ronde

16 h 45 · Ernest Pignon-Ernest, Simone Bitton, Guillaume Garnier de Barros : poésie, peinture, photographie, musique.

Modération : Francesca Isidori.

THÉÂTRE LA GUÉRÉTOISE DE SPECTACLE |

lecture

20 h 30 · Dominique Devals : Le dernier discours de l'Homme rouge (traduction Elias Sanbar).

musique

21 h · Guillaume Garnier de Barros

Pour les Rencontres, il crée une performance autour de Paul Celan et Mahmoud Darwich. Guitare, chant et voix enregistrées : que se passe-t-il lorsque deux poètes sans terre commune se heurtent dans un même espace sensible ?

le programme en pdf

THÉÂTRE LA GUÉRÉTOISE DE SPECTACLE |

projection

21 h · L’Enfance sauve. L'histoire des enfants juifs cachés dans le Limousin, de Tessa Racine (2015, 52 minutes).
Présentation : Jean-Michel Arnaud.

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